N’existe culturellement que ce qui a sa place dans les médias (R. Camus, La grande déculturation)


L’époque et la société sont tout entières médiatiques et dans la dépendance de leurs maîtres les médias, et pourtant ce qu’on voit régner de toute part, c’est l’immédiat. Les médias eux-mêmes sont l’immédiat. C’est dire à quel point ils sont mal nommés, je le répète. Les contemporains ne détestent rien tant que le médiat, le détour, le délai, la syntaxe, les manières, les formes, la forme : autant dire la littérature, l’art, la culture et tous les protocoles de l’aliénation positive, qui mettent de l’ailleurs dans l’ici, du pas-moi dans le moi et l’autre dans le soi, à la grande horreur de tous les soi-mêmismes triomphants, dont on ne peut dire s’ils sont les grands propagateurs de l’ignorance ou sa plus pure manifestation – ses responsables ou bien sa conséquence.

N’existe culturellement que ce qui a sa place dans les médias – mais cette place tend à se substituer à la chose même.

R. Camus, La grande déculturation (Ed. Fayard, Paris, 2008), p. 78

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